Le légende du basilic de Bordeaux, une bête mythologique dans la ville

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Rue du Mirail, il pouvait être très dangereux d’aller chercher de l’eau au puits. Une créature mythologique avait élu domicile en son fond. Découvrez la légende du basilic de Bordeaux.

Sommaire

Le théâtre de la légende, la rue du Mirail
La légende du Basilic de Bordeaux
L’origine du Basilic

Le théâtre de la légende du basilic de Bordeaux

Cette histoire remonte aux alentours du XIIIème siècle, alors même que les campagnes des dernières croisades battent leur plein. A cette époque la rue du Mirail ne constitue qu’un accès au couvent des Augustin situé en bordure de la ville. La Porte Saint Eloi (connue plus tard pour sa Grosse Cloche) est au début de son existence. A l’emplacement du croisement des actuelles rues des Augustins et des Gratiolet se tient un puits, qui permet aux habitants de se ravitailler en eau claire.

Représentation de la rue du Mirail de bordeaux au XVIIème siècle
Représentation de la rue du Mirail au XVIIème siècle
Plan de la ville de Bordeaux en 1550 / Adolphe Hequet, del
Source : Bibliothèque Nationale de France / Gallica

La légende du Basilic de Bordeaux

Aller chercher de l’eau au puits de la rue du Mirail est paraît-il dangereux. On y entend des bruissements tout au fond. Pour les curieux qui veulent découvrir l’origine des ces murmures, le châtiment est immédiat. Ils tombent raides morts sur le bord du puits. La cause de ce mal est attribué à un serpent d’eau que l’on nomme basilic, immigré de Touraine pour finir ses jours à Bordeaux. Cette chimère au corps de serpent prend la forme d’un petit dragon, et se dote des attributs d’un coq (tête, crête, deux pattes à l’avant, ailes, et plumes). La créature cause une mort rapide, à tous ceux qui croisent son regard.

Basilic medieval bordeaux
Représentation d’un Basilic Médiéval
Source : Les anciennes terres

Un jour, alors que plusieurs personnes tentent de percer le mystère de puits, les malchanceux qui plongent leur regard tombent les uns après les autres autour du puits. Alerté par le vacarme du quartier, un homme traverse la foule d’un pas sûr. Il revient de croisade en Egypte et prêtant connaître le moyen de se débarrasser de la bête.

Séance tenante, il demande à être descendu au fond du puits, s’étant au préalable équipé d’un miroir trouvé sur place. La corde l’amène au plus proche du monstre. Au moment où le basilic porte son regard sur lui, il présente le miroir. Face à son propre reflet, le montre trépasse dans l’instant. L’homme remonte indemne, et la population est désormais libérée du basilic de Bordeaux.

De cet instant, la rue prendre le nom de Mirailh, ou Mirail, qui signifie miroir. Une manière d’honorer le héros et de se rappeler les dangers de ce puits. On retrouve d’ailleurs encore aujourd’hui la figure d’une Gorgone (mère du Basilic) sur les mascarons de la rue du Mirail, possible référence à la légende du Basilic de Bordeaux.

mascarons de la rue du mirail à brdeaux
Mascaron du 43 rue du Mirail
Source : Google Street View

L’origine du Basilic

Dans l’antiquité, l’origine du Basilic est attribuée à la Gorgone Méduse. Comme la plupart de serpents, il serait né du sang de Méduse, décapitée par Persée. Il est alors décrit comme un serpent de petite taille, portant une couronne sur sa tête (d’où le nom de balisic, basilicos = « petit roi » en grec). S’il peut donner la mort rapidement, son reflet dans un miroir peut le terrasser immédiatement. Alexandre le Grand aurait d’ailleurs fait polir son bouclier pendant ses conquètes pour s’en protéger.

persée décapitant méduse
Persée par Benvenuto Cellini. Bronze et marbre (base), 1545-1554. Sous la Loggia dei Lanzi, Florence, depuis 1554.

Au fil du temps et de l’arrivée de cette légende en France, l’apparence du basilic a évolué. Au Moyen Âge, il prend une forme plus proche du dragonnet, sorte de serpent chimère affublé d’ailes et autres caractéristiques du coq, voir même d’autres animaux. Son apparence ne cessera de changer avec les années en fonction des écrivains; on le dit apeuré par les belettes ou le chant du coq.

Plus scientifiquement, l’origine du Basilic est sans doute liée aux campagnes des croisades en Egypte. On y trouve là bas le Cobra Cracheur Rouge, l’un des serpents les plus venimeux au monde. Pour attaquer ses proies, ce dernier projette un jet de venin directement vers les yeux de sa cible, avec une portée allant jusqu’à 3m. Un mode opératoire qui rappelle étrangement les caractéristiques de la légende du basilic de Bordeaux. Pourquoi l’un des croisés n’aurait-il ramené l’un des ces spécimens vers la Touraine et la ville de Bordeaux ensuite ?

Cobra cracheur rouge
Cobra cracheur rouge
Source : Wikipedia

Si les projections de ce naja ne sont pas aujourd’hui mortelle pour l’homme, il y a fort à parier que les conditions sanitaires du XIIIème siècle pouvait rendre un interaction avec lui rapidement fatale !

Sources

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