La girouette de la Grosse Cloche à Bordeaux
Aujourd’hui, un petit billet inspiré d’une discussion sur Facebook (avec un peu de promo au passage pour ce photographe https://www.facebook.com/www.club.image qui réalise de magnifiques photos noir et blanc ;)). Quel lien alors me direz vous avec ces photos ? Le vent ! Je ne vais pas faire aujourd’hui un billet sur la Grosse Cloche, mais plus spécifiquement sur sa girouette. Je suis persuadé que vous être passés d’innombrables fois dessous sans même vos rendre compte de sa présence. J’espère donc qu’au prochain passage, vous lèverez les yeux.

Un peu d’histoire quand même sur la Grosse Cloche
La Grosse Cloche n’est pas la porte initiale à cet emplacement. C’est au XIVème siècle que cette dernière succède à la Porte Sainte Eloi par laquelle passait les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Depuis 1299, la ville est restitué à Edouard 1er et Bordeaux est possession anglaise. Bordeaux se développe à la fois en terme de population (30 000 habitants) mais également en termes d’infrastructures. La Grosse Cloche est édifiée, en même temps que la cathédrale Saint André.

La girouette de la Grosse Cloche de Bordeaux
Il fallait donc sur l’édifice une référence au régent de la ville. Le armoiries anglaises ont donc été ajoutées sous la forme de la Girouette de la Grosse Cloche. Elle prend la forme d’un lion doré. Celui-ci trône à un peu plus de 40m de hauteur, taille des deux tours latérales. La girouette de la Grosse Cloche est quant à elle fiché sur le haut du dôme. Aussi même si aujourd’hui, elle apparaît assez discrète dans le paysage urbain, elle est quasiment incontournable à l’époque pour tous ceux qui entraient dans la cité de Bordeaux.
La girouette de la Grosse Cloche, une référence à une ancienne prison
Si vous croisiez un ancien criminel dans les rues de Bordeaux au XIVème siècle, il y a des chances qu’il vous dise avoir séjourné à « l’hôtel de du lion d’or ». En effet, cette girouette de la Grosse Cloche a inspiré son surnom carcéral. Si l’on connait la vertu défensive de l’édifice, il faut savoir que celui-ci a également servi de prison. Les plus grandes prisons de Bordeaux, comme le Fort du Hâ n’apparaîtrons que bien plus tard. Ses cachots retenaient ceux qui ne respectaient pas les couvres feu ou causaient des troubles à l’ordre.

BORDEAUX N’A JAMAIS ÉTÉ POSSESSION ANGLAISE, ça suffit au bout d’un moment de diffuser des mensonges vieux de plusieurs siècles et largement debunkés depuis également plusieurs siècles ! Bordeaux était une cité-état et la capitale de la Gascogne (un comté ou un duché médiéval n’avait pas de frontières aussi précises qu’un état moderne), laquelle Gascogne a échu au terme d’un héritage complexe, entre les mains d’une famille française de l’Anjou, les Plantagenêt, qui régnaient AUSSI sur la Grande-Bretagne, mais n’étaient pas plus anglais que gascons. L’état médiéval est féodal, pas national. La notion de nationalité n’existe pas, celle de nation – lieu où on est né – oui par contre mais dans un sens totalement différent du nôtre.