Incendie18 juillet 1821 : un navire en feu manque d’embraser le port de Bordeaux
Le port de Bordeaux a longtemps été une richesse… et un danger 🔥. Au début du XIXᵉ siècle, les quais sont encombrés de navires à voile, de cargaisons inflammables, de cordages goudronnés et d’entrepôts en bois. Quand un incendie se déclare sur l’eau, il ne menace pas seulement un bâtiment isolé : il peut se propager de navire en navire, puis gagner les quais et la ville. C’est exactement ce qui manque de se produire le 18 juillet 1821, lorsqu’un navire prend feu au mouillage. Ce jour-là, Bordeaux évite de peu un sinistre majeur, grâce à une décision aussi simple que risquée : remorquer le bateau en flammes hors du port.
🕰️ Chronologie des faits
Le 18 juillet 1821, un navire étranger (le nom n’est pas précisé dans les sources) prend feu alors qu’il est au mouillage dans le port de Bordeaux, à proximité des quais fréquentés. L’incendie se développe rapidement, faisant craindre une propagation aux bâtiments voisins. La situation est jugée suffisamment grave pour justifier une manœuvre d’urgence.

La décision est prise de dégager le navire en flammes et de le remorquer vers un secteur moins dangereux : le banc de sable des Queyries, en aval du port. Là, le bâtiment est volontairement laissé à la destruction complète, afin d’éviter un incendie en chaîne au cœur du port.
Un port extrêmement vulnérable au feu ⚓🔥
En 1821, le port de Bordeaux fonctionne encore selon une logique héritée de l’Ancien Régime. Les navires sont serrés les uns contre les autres, souvent chargés de marchandises hautement inflammables : bois, chanvre, goudron, alcools, huiles. Les moyens de lutte contre l’incendie sont limités, et l’eau du fleuve n’est pas toujours un allié efficace lorsque le feu se propage par les structures du navire.
Dans ce contexte, un seul bateau en feu peut devenir une menace collective. Le danger n’est pas seulement la destruction du navire incendié, mais l’embrasement progressif de toute la zone portuaire.
La manœuvre décisive : sauver le port, sacrifier le navire
Pierre Bernadau, chroniqueur bordelais du début du XIXᵉ siècle, décrit cet épisode dans Le Viographe bordelais. Il insiste sur la rapidité et l’audace de la décision prise :
« On parvint, par des manœuvres hardies et promptes, à faire sortir le navire de la ligne de mouillage et à le pousser sur le banc de sable des Queyries, où il se consuma sans causer de plus grands désastres. »
Cette phrase résume tout : le port est sauvé au prix de la perte totale du navire. Il ne s’agit pas d’éteindre l’incendie, mais de le déplacer hors de la zone à risque. Une stratégie radicale, mais efficace.
Pourquoi cet incendie est important dans l’histoire du port 🧠
L’incendie du 18 juillet 1821 n’est pas le plus spectaculaire, ni le plus meurtrier. Pourtant, il est révélateur de plusieurs réalités fondamentales :
- le port de Bordeaux est structurellement exposé aux incendies,
- les moyens de lutte sont encore largement empiriques,
- la priorité est déjà claire : sauver la ville plutôt que les marchandises.
Cet épisode annonce une longue série d’incendies portuaires au XIXᵉ et au XXᵉ siècle, parfois bien plus destructeurs. Il montre aussi que, très tôt, les autorités et les hommes du port savent qu’un incendie sur l’eau peut devenir une catastrophe urbaine.
FAQ pour briller en société ✨
Où se trouvent les Queyries ?
👉 Sur la rive droite de la Garonne, en aval du port historique, zone utilisée comme échouage.
Le navire a-t-il explosé ?
👉 Non. Les sources indiquent qu’il s’est consumé après avoir été échoué.
Y a-t-il eu des victimes ?
👉 Aucune n’est mentionnée dans les sources disponibles.
Pourquoi ne pas avoir tenté d’éteindre le feu sur place ?
👉 Les moyens techniques de l’époque sont insuffisants et le risque de propagation est jugé trop élevé.
Cet incendie est-il isolé ?
👉 Non. Il inaugure une longue série d’incendies portuaires à Bordeaux au XIXᵉ siècle.
Sources 📚
- Pierre Bernadau, Le Viographe bordelais ou Revue des événements arrivés à Bordeaux, début XIXᵉ siècle (BNF / Gallica)
- Archives municipales de Bordeaux, notices sur les sinistres portuaires
- BNF – Gallica, presse et chroniques bordelaises du XIXᵉ siècle
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