Histoires et secrets

Quand Bordeaux a joué à la capitale de la France

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Paris, Paris, Paris… On l’entend à toutes les sauces. Capitale des Lumières, capitale de la mode, capitale de la France évidemment. Mais ce qu’on oublie trop souvent, c’est que Bordeaux a, elle aussi, porté la couronne de capitale – bon, temporairement, certes, mais pas qu’une seule fois ! Et pas pour faire joli : c’était à chaque fois dans des contextes tendus, où la République cherchait un abri loin des boulets (ou des bottes) ennemis. Allez, petit retour sur ces moments où notre belle endormie s’est réveillée en capitale. Ici c’est Bordeaux ! 🙂


1870 – Quand Paris se fait encercler, Bordeaux prend le relais

On commence avec la guerre franco-prussienne. En septembre 1870, les choses tournent au vinaigre : Paris est assiégée par les Prussiens et le gouvernement provisoire se dit qu’un déménagement au soleil (ok, disons « au Sud-Ouest ») serait une bonne idée. Hop, tout le monde descend à Bordeaux. La ville devient le centre névralgique de la République pendant quelques mois, jusqu’à ce que la situation se calme.

bordeaux capitale 1870
Grand Théâtre de Bordeaux, 1871.Archives de l’Assemblée nationale

1914 – La Grande Guerre pousse encore Paris à faire ses valises

Bis repetita. En août 1914, l’Allemagne remet ça, cette fois pour ce qu’on appellera plus tard la Première Guerre mondiale. L’armée allemande fonce sur Paris à toute allure, et le gouvernement, pas fou, saute dans un train direction Bordeaux. Rebelote : la ville devient capitale, avec l’installation des ministères, de l’Assemblée et du Président. Mais cette fois, ce ne sera que pour quelques semaines. La bataille de la Marne sauve Paris, et tout ce petit monde repart dans la capitale, non sans avoir goûté au cannelé et au vin rouge.


1940 – L’exode gouvernemental et l’ombre de l’armistice

L’épisode le plus marquant arrive en juin 1940. La France s’effondre sous l’offensive allemande, Paris tombe, et le gouvernement de Paul Reynaud plie bagage. Devinez où il atterrit ? Eh oui, encore à Bordeaux. Pendant une dizaine de jours, la ville devient le théâtre des discussions sur la suite de la guerre. Le 16 juin, Reynaud démissionne, Pétain prend la suite… et on connaît la suite. Bordeaux perd son statut de capitale au profit de Vichy, mais elle aura vu passer l’Histoire à toute allure dans ses rues.


Une capitale par intérim, mais pas par hasard

Bordeaux n’a pas été choisie au hasard. Ville portuaire, bien reliée par le rail, loin du front et dotée d’infrastructures solides, elle cochait toutes les cases pour accueillir un gouvernement en fuite. Et puis bon, entre deux crises nationales, on imagine que les ministres ne disaient pas non à une bonne bouteille de Saint-Émilion pour se remettre les idées en place.


Alors non, Bordeaux n’est pas « juste » une belle endormie. C’est aussi une ville qui, à plusieurs reprises, a porté le destin de la France sur ses épaules. Une capitale de secours, certes, mais une capitale quand même.

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